Le cimetière

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En allant aujourd’hui dans un cimetière on se rend compte d’un seul coup d’œil de la date de la sépulture. Les monuments construits depuis le milieu du XXe siècle reflètent la standardisation de notre époque.

 

Mais, si on observe les sépultures du XIXème et du début du XXème siècle, c’est la différenciation qui nous frappe. Nombre de ces monuments funéraires sont des œuvres artistiques qui constituent un petit patrimoine en train de disparaître.

En 1843, les autorités publiques de Bléneau décident de déplacer le cimetière à l’extérieur de la ville qui a besoin d’extension, en particulier de bâtir une mairie, une école et une justice de paix. De lieu placé au centre de la communauté des vivants, le plus souvent autour des églises, ce qui fut le cas au Moyen Age à Bléneau, le cimetière à la périphérie est désormais devenu un lieu à part, de visite aux morts.

Parallèlement, le monument va devenir la norme. Mais si l’égalité entre les morts est a priori la règle, les différenciations sociales pourtant vont franchir les portes du cimetière.

 

La sépulture va cesser d’être une simple borne funéraire rappelant aux vivants le souvenir d’un défunt ; elle devient un véritable monument d’architecture voire d’art pour certaines.

 

Le XIXe siècle voit apparaître des caveaux destinés à montrer l’aisance de la famille 

qui les bâtit. Miroir social, le monument funéraire se doit de refléter la position 

sociale, la notoriété, la religion du défunt et de sa famille. L’art funéraire va prendre 

une ampleur inconnue jusque-là.

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Les tombes les plus modestes comportent un simple entourage de pierre, rempli de gravier ou de sable.

Les monuments plus élaborés sont couverts d’une dalle plate ou à deux faces qui permettront à l’eau de pluie de s’évacuer

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Parfois, la pierre tombale prend un peu plus d’importance en hauteur à tel point que ce tombeau affecte la forme du sarcophage.

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 Parfois cette dalle peut être entourée par une balustrade de fer...

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Parfois c’est une simple chaîne reliée à des pilastres de pierre mais le symbole est le même : créer une protection symbolique autour de l’être cher. Ici un enfant.

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Parfois c’est un ensemble de tombes qui sont encadrées par une grille délimitant un espace symbolique, sacré, familial, clanique. C’est le cas d’un certain nombre de  familles de Bléneau. Les Chataigner, les Vaudenay, les Convert, les Dethou.

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La symbolique chrétienne est évidemment la croix, elle peut être accompagnée de textes bibliques. Ici on peut lire sous la croix : spes unica et le monogramme JHS signifiant Jésus Hominum Salvator : Jésus sauveur des hommes.

O Crux ave, spes unica est une locution latine qui signifie : « Salut, ô Croix, unique espérance ». La locution est le premier verset de la sixième strophe de l’hymne ‘Vexilla Regis, composé au VIe siècle par Venance Fortunat, évêque de Poitiers et poète chrétien.

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Stèle chrétienne

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Stèle athée

La dalle est le plus souvent accompagnée d’une stèle verticale où le décor plus ou moins élaboré reflète la religion et l’aisance du mort.

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Sur cette tombe de militaire on peut lire une devise bien représentative de la morale  du personnage : Honneur Dieu Patrie

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Un des symboles des athées est l’urne funéraire drapée.  Ce textile peut suggérer le drap funéraire et voile de tristesse. 

L’urne symbolise la dernière maison du défunt mais aussi son corps et son âme dans son   unité.

Une autre ornementation est la colonne brisée. Ici pour un jeune homme tué à la toute fin de la guerre de 14-18. La croix de guerre orne cette colonne.  Il implique également un symbole phallique car très rarement utilisé pour une femme, dit-on. Je connais un exemple du contraire.

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Les stèles comportent des éléments décoratifs qui leur confèrent un style particulier et leur originalité.

 Les lignes sont courbes tout en douceur et un riche décor floral renforce la grâce de

 cette tombe. Le lierre est à la fois symbole d'éternité et d'attachement. Comme tous les végétaux au feuillage persistant, il représente l'éternité ou l'immortalité.

Décor plus sobre dues aux lignes brisées.

Volutes élégantes, un peu de mièvrerie. La pensée qui évoque le souvenir et la 

marguerite le temps qui passe.

 

Formée de cinq pétales, la pensée évoque l'homme avec la tête et les quatre membres. Elle orne aussi bien 

les tombes de chrétiens et de libres penseurs. Ceux-ci en ont fait leur attribut, l'exercice de la pensée 

amenant au libre arbitre et à la résistance aux dogmes.

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Encore un riche décor, ici la rigueur du socle est adoucie par les volutes et éléments végétaux.

Couronne de lauriers, piquetée de coquelicots, voile de deuil pour indiquer la 

tristesse .

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Nul décor, on est dans la froideur de la mort. Un cippe surmonté d’une croix posée elle- même sur une stèle. On a voulu faire haut.

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Palmes et pensées... La palme est un attribut des martyrs, les premiers chrétiens mais également les 

victimes de causes justes ou de conflits armés. La palme décore régulièrement la tombe d'anciens 

combattants ou les monuments aux morts. Attribut lié à la victoire, aux honneurs, la palme peut aussi orner 

la sépulture de personnalités politiques, artistiques, scientifiques...

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Couronne de fruits. La couronne est symbole d'éternité par le cercle qu'elle épouse, forme sans début ni 

fin. Elle peut être constituée de tiges de pavot (sommeil éternel), de laurier ou de chêne (gloire), de lierre  

(éternité et attachement), d'immortelles (immortalité), de pensées (souvenir, libre pensée), de roses (amour),  

de fleurs variées... La couronne végétale est souvent, à la fois mort et promesse de naissance, par le fait que 

la tige a été arrachée ou coupée, mais qu'elle comporte fruits ou fleurs.

Monument art déco des années 1940

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Monuments aux lignes droites des années 50 aux lignes géométriques avec un parti pris de sobriété . La froideur est tempérée par la qualité de la pierre très blanche.

L'arbre met en relation la terre et le ciel. Il évoque la vie : naissance, croissance et mort. 

  Lorsque le tronc est étêté, c’est la mort précoce qui est symbolisée.

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Les croix de fonte ou de fer constituent également un riche patrimoine par leur diversité :  éléments géométriques ou figuratifs : oiseaux, initiales, figures.

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 La chapelle

 

Ce petit édifice familial, est conçu comme une petite maison funéraire dans laquelle 

l’intimité des morts est protégée de la curiosité du public.

 

Les deux chapelles existant dans notre cimetière sont de même type, de mêmes matériaux et ornements.

Les chapelles sont des constructions de plan rectangulaire surmontées d'un toit composé de deux rampants en pierre.

Ce petit édicule placé au-dessus du caveau qu’est la chapelle funéraire abrite un petit autel, sorte de table accostée au mur du fond. Les plaques et inscriptions sont à l’intérieur ainsi que les porte-couronnes. L’une des chapelles possède une porte pleine garantissant la discrétion. L’autre une porte vitrée avec un décor et le 

monogramme de la famille qui malencontreusement évoque le symbole du dollar... 

Elles possèdent de petites fenêtres

Sa façade, est couronnée par un fronton triangulaire qui encadre une petite croix en pierre. Sur ce fronton est inscrit le nom de la famille.

©Texte et photos: Martine Ménard

© 2020 Mairie de Bléneau  Créé sur Wix.com

mais malheureusement en mauvais état.